Red Hot Chili Peppers "I’m With You" : avec ou sans piquant ?

Cinq ans. Cinq années d’absence avant que les Red Hot Chili Peppers refassent surface dans les bacs avec leur nouvel album "I’m With You" sorti le 29 août 2011. Ayant laissé un lourd héritage avec Stadium Arcadium (un album à 28 titres !), est-ce que le groupe dispose encore de son piquant ? Est-ce que le départ de John Frusciante (guitariste) a tué le groupe ? Mes avis, ma note.

Jaquette de l'album "I'm With You''

Je tiens à dire à ceux qui liront cet article que je suis à la base un grand fan des RHCP. Il est vrai pas autant que Jamiroquai, mais je porte les Red Hot en très haute estime dans mon coeur alors mon avis ne peut venir que d’un vrai fan.

De la nouveauté…

On est tout d’abord extrêmement surpris par une nouveauté inculquée par le groupe : la pop. On sent de la légèreté, peut-être même quelque chose de très plat, trop plat. Elle pouvait apparaître dans certains titres autrefois, mais là près de la moitié de l’album est mangé par ce genre qui peut être intéressant, mais dont on ne désire pas lorsque l’on veut écouter du Red Hot. Le premier titre Monarchy of Roses, mélange entre pop rock à la touche disco, annonce déjà que le groupe essaie de viser autre chose. 

… Mais sans profondeur

Factory of Faith, Ethiopia, Annie Wants a Baby, The Adventures Of Rain Dance Maggie et Dance, Dance, Dance.  Ces titres ont un point commun : ils commencent tous par un Flea bien présent. Sa notoriété l’incite à vouloir démarrer la musique afin d’annoncer peut-être un soulagement, qui peut suggérer que le groupe est là, avec une puce qui sautille toujours autant. Cependant, à force de commencer ainsi, on se rend compte que c’est monotone, et qu’il n’y a pas de profondeur dans les partitions. J’ai beau adorer la basse je ne suis pas dupe. Cinq sur quatorze titres qui démarrent de la même façon, troublant tout de même…

Bien sûr, dans cet album il y a tout de même certains titres qui conservent plus ou moins bien la patte des précédents albums (By The Way, Californication ou Stadium Arcadium notamment) : on peut noter le single The Adventures Of Rain Dance Maggie, un peu dans le même chemin que Dani California. Puis j’ai surtout remarqué Look Around (qui me rappelle étrangement un certain Minor Thing) et Goodbye Hooray, le seul titre le plus fou (où l’on peut voir Flea à son maximum dans cet album apparemment…). Et un Meet Me At The Corner plié entre trois sandwichs : Hey, Strip My Mind et Desecration Smile. Ces quelques titres sont pour moi ceux qui font tenir la baraque et la vente de l’album. 

Flea, tu fais de l’arthrose ?

Où est le slap ? Où est la puissance ? Es-tu trop vieux pour te remuer le derrière ou bien es-tu encore en deuil vis à vis de ton (ancien) compère John ? Pour moi, Balzary n’est plus. La cinquantaine qui approche doit lui trotter le cigare. Même si le slap avait tendance à disparaître dans certains albums, dans Stadium Arcadium on avait quand même eu droit à Tell Me Baby entre autre. Là, rien, nada. Pas de grosse recherche dans la composition pour la plupart. Il s’est un peu foulé pour d’autres morceaux mais pour le bassiste le plus connu du monde, ce serait presque nous faire un troll face

Josh Klinghoffer : défi relevé ?

Oui et non. En fait, il arrive à remplir ce que John faisait la plupart du temps. De l’accompagnement, un apport succinct mais indispensable, et de l’envoûtement. Cependant, c’est là que l’on va utiliser la fameuse règle que l’on apprend en marketing notamment, qui est la règle des 20-80. En marketing, on raconte que 20% des clients apportent 80% du chiffre d’affaires d’une société, et cela s’appliquerait sur presque tout. Par exemple, vous mettrez 20% de votre temps pour faire 80% du travail puis 80% du temps restant pour terminer les 20% dispatchés. Et bien là c’est un peu pareil. On va dire que Josh ne s’arrête qu’a ces 80% exigés. Les 20% restants ? On avait l’habitude d’avoir un Frusciante en état de grâce qui apportait la salvation, la puissance, et des solos électrisants. 

Les rescapés du bâteau

Anthony Kiedis (chant) et Chad Smith (batterie) sont finalement les deux qui échappent à la guillotine. Toujours aussi juste dans leur boulot, ils apportent ce qu’ils doivent apporter, sans trop en faire. On sent peut-être un Anthony un peu plus en retrait que d’habitude. Peut-être est-ce ce côté pop qui l’oblige à battre légèrement en retraite.

Finalement, même si l’album peut être bon, ça ne reflète que par intermittence ce que les Red Hot avaient l’habitude de nous donner. Cet album annonce un tournant fatidique du groupe : le départ d’un des piliers des Red Hot (Frusciante), la fin du funk et du groove, la naissance de la pop (tentative d’innovation ratée à moitié ?)… La fin du groupe ?

Ma note
*****

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