Me’shell Ndegeocello "Weather"

Ah ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas rédigé de chronique, et d’ailleurs ça m’avait manqué (tout comme le temps de le faire en fait…) ! Je ne connais cette musicienne que depuis peu, notamment grâce au rédacteur en chef de Virgin qui m’a fait découvrir cette artiste en allant l’interviewer (interview que vous pouvez retrouver ici), et je dois dire que je ne suis pas déçu. Elle reste très méconnue du grand public et c’est normal puisque son style ne s’y prête pas : de la soul, funk, jazz, hip-hop, et parfois même du rock sous touche d’électronique "ambiançal" (gosh que c’est pas beau à lire…). Voici donc mon avis et ma note sur le dernier album du bassiste jazz, appelé "Weather".

Weather (2011), Me'shell Ndegeocello

Une certaine continuité

Les amateurs de musique posée adoreront très certainement cette Me’shell Ndegeocello. Plus réfléchie et plus calme, on pourrait presque la contempler au bord de la mer vêtue d’une petite robe en satin, le soleil couchant et le bruit des vagues venant se poser près de son oreille. Peut-être est-ce dû au temps, lui coupant désormais toute envie d’élaborer quelque chose de trépignant ? Quoiqu’il en soit on peut découvrir une face cachée de l’artiste encore plus présente que sur son précédent album Devil’s Halo (même si l’on sent tout de même une certaine continuité) où le rock (qui avait succédé à l’acid jazz / hip-hop) laisse place à quelque chose d’encore plus posée.

L’extinction des feux

L’arrogante Me’shell que l’on pouvait entendre à ses débuts sur "If That’s Your Boyfriend" par exemple n’est plus, peut-être encore un peu sur "Dirty World" (il faudra attendre 8 morceaux pour enfin l’entendre jouer de sa basse !) dans un sursaut d’orgueil où on peut l’entendre plus présente, plus agressive (on va dire que le thème s’y prête). Mais il est vrai qu’elle a développé cette fâcheuse tendance à vouloir mettre en avant ses musiciens ce qui est tout à fait honorable de sa part, mais les fans de ses premiers jours (comme certains nouveaux comme moi) eux n’ont pas oublié qu’elle est une excellente bassiste… Et c’est bien dommage de voir que sa ligne de basse s’éteint au fil des albums, petit à petit et surtout dans cet album.

Alors que dans Devil’s Halo on pouvait entendre une guitare très présente (presque tout autant que la basse de Me’shell), elle disparaît un peu plus sur Weather et permet ainsi une musique atmosphérique. D’ailleurs elle le démontre dès le début avec le premier titre homonyme à l’album qui nage dans des vagues de blues country, et sur les autres morceaux qui suivent. Une balade lente et sereine où la basse ne fait qu’accompagner, comme tous les autres instruments, pour laisser notre androgyne africaine s’exprimer et mettre ses talents de chanteuse en avant. Cette nouvelle corde qu’elle vient d’ajouter à son arc, elle le garde et le développe durant tout le défilé entre ces touches de guitare acoustique blues/country (Feeling For The Wall, Weather) et "d’un peu beaucoup" de piano (Oysters, Chesea Hotel, Crazy and Wild, et Petite Mort surtout).

Mes coups de cœur

De bons gros pouces bien bleus à la Facebook pour quelques morceaux tels que Dirty World, pour cette ligne de basse répétitive mais si bonne à entendre, Dead End qui arrive à nous faire bouger un minimum "malgré" ce mélange d’instruments presque improbable (batterie rythmique militaire, guitare country, piano et violon, basse aux sons électroniques) ainsi que le dernier morceau qui clôt l’album Don’t Take My Kindness for Weakness, morceau me parlant que bien trop.

Pour conclure

Du chemin elle en a fait : on compte pas moins de 10 albums pour l’artiste américaine née berlinoise. Entre ses débuts acid funk jazz / hip-hop jusqu’à cette continuité dérivant sur un son proche de la variété rock plus posée, Michelle Lynn Johnson a évolué (en bien ou en mal) et se retrouve déjà loin du port nineties, naviguant vers de nouveaux horizons encore et toujours plus loin. Cependant à vouloir être trop curieux et à surfer sur une autre vague, son style change et montre des nouveaux visages que les fans de la première heure n’aimeront peut-être pas. Et d’ailleurs c’est peut-être la seule (grande) chose que je pourrai lui reprocher étant un grand fan de l’acid jazz des années 90. Weather en l’état est un bon album mais reste cependant légèrement en deça de Devil’s Halo (2009) et est à des kilomètres de The World Has Made Me The Man of My Dreams (2007), dernier album réussi selon moi, pour comparer le peu de comparable possible.

Ma note
*****

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