C2C "Tetra"

Le quatuor français sort enfin "Tetra", premier album tant attendu après l’EP alléchant qu’ils nous ont pondu huit mois auparavant. Est-ce que C2C a pu tenir ses promesses ? Réponse ci-dessous ! Par ailleurs pour ceux qui s’intéresseraient à la cover de l’album (pour les plus coquins hmm ;)), l’auteur est Wang Chien-Yang, photographe que j’ai déjà évoqué il y un moment dans Sexy Asian House.

1. The Cell
2. Down The Road
3. Kings Season
4. Because Of You
5. Delta
6. Who You Are
7. Happy
8. Give Up The Ghost
9. The Beat
10. Genius
11. Together
12. Arcades
13. Le Banquet
14. F.U.Y.A

Éclectique

S’il y a bien quelque chose à dire sur cet album c’est bien ça : éclectisme. Le groupe a cherché a faire de la musique pour tout le monde : pop, soul, gospel, soupçon de dubstep, country et j’en passe. Un mélange harmonieux et condensé de ce qu’ils savent faire qui plaira à beaucoup de gens.

Démarrage en trombe

L’album commence très bien avec "The Cell", une superbe introduction qui nous met déjà sur les routes de l’Asie par cette mélodie exotique jouée à la flûte (il me semble), avant de laisser place à du son électronique bien fat poussé sur de la rythmique hip-hop. Des chants en chœur, du piano, un sample retouché sans arrêt et  un peu de scratch s’ajoutent au morceau pour habiller l’introduction, qui laisse sa place au morceau phare de l’EP "Down The Road", éponyme du mini-album.
On passe à un cran suivant et c’est vrai qu’ils n’ont pas chômé là-dessus : un titre country, un peu blues aux airs groovy (similaire à du groove Breakbot) et rythmé par un beat simple. Du scratch somptueux en excès mais tellement bon.

Un jeu irrégulier

Par contre on retombe dans quelque chose de plus accessible, voire de trop facile avec Kings Season et Because of You, plongé dans de la pop électronique pour le premier et du Black Eyed Peas pour le deuxième… Et c’est surtout ici que je pointe mon (petit) doigt : le groupe a tellement voulu être éclectique qu’il perd de sa superbe et je ne vous cache pas que c’est ce qui a fait perdre des points.
D’ailleurs je trouve Delta et Who Are You un peu au dessus de ces deux sons mais pas assez pour paraître dans le notable, une sorte de transition qui fait monter en puissance la suite.

Le gospel prend toute sa place sur "Happy", titre aussi bien travaillé qu’un "The Beat" ou un "Someday" (seulement disponible dans l’EP). Joyeux, dansant et plein de vie, il nous donne cette soudaine envie de danser comme Carlton du Prince de Bel-Air. C’est un véritable coup de cœur pour moi !
Give Up The Ghost fait retomber la danse dans un voyage envoûtant immergé dans des sons électroniques en tout genre. Un squelette basé sur de l’irrégularité (switch entre bons et moins bons morceaux) et il semblerait que C2C aime jouer de ça puisque vient ensuite "The Beat", un autre morceau phare de l’album. Groovy et dynamique, le scratch y est très présent ainsi que les voix, mélangés entre elles. Un autre coup de cœur pour moi très clairement.
Puis vient un autre titre pop "Genius" que je ne détaillerai pas des masses. Il se montre relativement simple, un peu trop pop à l’image de Kings Season et Because of You.

On revient à nouveau sur des morceaux un peu plus travaillés, sur des mouvances de guitare espagnole/orientale et de cuivres soul/funk avec "Together", basé sur du hip-hop et du rap accompagné de chants africains. Un mix de beaucoup de choses très bien agencés et cohérents !
Arcades se retrouve parsemé entre du son électronique quasi 8-bits, du scratch et un clavecin baroque.

Apothéose

Et on termine avec deux morceaux fantastiques, puissants, avec "Le Banquet", titre qui porte bien son nom puisqu’il nous fait chauffer les oreilles en nous remplissant de sons scratchés juste avant le final. Et il faut l’avouer c’est ici qu’ils explosent et montrent leur savoir-faire en tant que DJ’s. Du scratch surpuissant, technique et varié en tout sorte : Pinch method, crescent scratches, echoes, dragging ou encore crossfader frénétique, le duo Hocus Pocus/Beat Torrent ne manque pas de prouver leur qualité de Champion du Monde de DJ par équipe (2003 à 2006).

Puis on termine l’album avec F.U.Y.A., chef d’œuvre de Tetra, tel un tableau japonais raconté par des violons et des shamisens sur une scène de théâtre kabuki. D’autres instruments n’hésitent pas à conter l’œuvre comme cette flûte traversière (pas certain de l’instrument) que l’on peut entendre lors du premier bridge ou ces rugissements militaires cadencés sur une batterie au rythme meurtrier. Le scratch et les arrangements électroniques viennent peaufiner le morceau, et cette fin illustrée par tous ces instruments joués en même temps ne font qu’accentuer le côté épique de la chose, sans oublier ces violons criards et à bout de souffle en guise de dernier shitekata et de rideaux.

Conclusion

C2C arrive à combler nos attentes par des morceaux somptueux et très bien léchés, mais Tetra se retrouve nivelé vers le bas par d’autres morceaux beaucoup plus en demi-teinte causés par cette pop un peu trop facile, ce qui est très dommage. La volonté de partir sur quelque chose de complet et de "tout public" était bien trop présente et c’est ce qui les a faussé. Cependant on n’arrêtera pas la vague C2C, avec des titres frappants comme Down The Road, The Beat, Happy, Le Banquet ou encore Together et on espère que le prochain album sera exclusivement composé de morceaux comme ceux là.

Ma note
*****

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