Daft Punk : Random Access Memories

Il est enfin disponible en écoute intégrale sur internet, et il est d’ailleurs même possible de le télécharger en leaké, ce que j’ai fait au plus vite (bien évidemment que je vais l’acheter en CD roh…)! Alors que donne le nouvel album des Daft Punk, après 8 ans de disette ? Réponse dans la suite de l’article.

daft-punk-random-access-memoriesAprès 8 ans d’absence, Daft Punk sort un nouvel album

Daft Punk a mûri, et a changé avec ce nouvel album bien différent des autres. Désormais l’électronique passe désormais au second plan, la musique est plus sérieuse, plus précise, avec un groove à 200% ! Les instruments se multiplient et prennent une place bien plus importante que dans les précédents albums. Le duo français (s’approchant de la quarantaine) n’a peut-être plus envie de cette électro puissante et répétitive (certes très propre à la French Touch) à laquelle ils étaient rattachés.

Trop de featuring tue le featuring ?

Peut-être. Il est vrai que le groupe aurait pu se passer de certains,  et je croise les doigts pour que ce ne soit pas seulement à but commercial. Effectivement, il y a certains titres dans lesquels je ne reconnais pas le groupe. A titre d’exemple on peut citer Fragments of Time avec, Within, ou encore Instant Crush.

L’album se construit dans une certaine homogénéité et débute avec Give Life Back to Music. Le ton est donné : le disco et le funk seront bien de la partie par contre un léger hic à cette intro avec cette guitare un peu trop rock "beauf superhéros". Nile Rodgers reste juste et apporte énormément au morceau par ses cocottes funky.

Le rythme se coupe brutalement avec le morceau qui suit, Game of Love. Un très beau morceau digne des plus grands love theme des Daft Punk où la ligne de basse rappelle parfois ceux de Richard Bona. Une mélodie envoûtante et des paroles simples mais très évocatrices comme le binôme français à toujours su faire.

Giorgio by Moroder est sans doute un des plus éclectique, introduisant le disco au départ et amenant petit à petit pléthores d’instruments, le tout accompagné par l’interview de Giovanni Moroder. C’est un morceau qui traverse de nombreux styles tout en conservant une ligne directrice où l’on reconnaît bien la patte de Moroder. On peut reconnaître du disco, de l’acid jazz, et de l’électronique à la fois ce que je trouve somptueux surtout quand il est aussi bien équilibré. Le bridge à la basse est tout simplement transcendant à mes yeux (forcément bassiste oblige) avec au second plan des scratchs réguliers. D’ailleurs je trouve la fin très intelligente avec ce ralentissement transformant le son électronique en beat.

Lose Yourself to Dance est un très grand morceau où Pharrell Williams est bien mieux exploité que sur Get Lucky je trouve (la surabondance du single influe sûrement cette pensée), en étant très dansant et énergétique. Bien sûr, Nile Rodgers y participe grandement par ses riffs reconnaissables à des kilomètres et qui ont une telle plus-value ! Le disco se relance et le passage des voix robotiques est vraiment incroyable, elles viennent nous submerger de toute part, nous emmenant jusqu’au sommet. Et forcément, la basse slappée me touche directement au cœur. Une grande première chez eux et ce n’est pas du tout à regretter puisqu’on sent une pêche et un tonus incroyable. Un de mes morceaux préférés.

Touch est un morceau avec plusieurs visages puisqu’au départ on démarre avec du piano avant de partir en trombe sur quelque chose de très jazzy puis l’enthousiasme prend fin pour laisser un second souffle avec ces voix robotiques et ce poids que l’on peut ressentir dans cette rythmique lente. Enfin, le morceau se termine par des violons mélodieuses et ces sons électroniques légers et envoûtants avant de retomber sur la voix de Paul Williams.

(Je me permets de ne pas donner mes impressions sur le single Get Lucky, le buzz médiatique ayant été si grand que ça m’en a coupé les jambes…)

Beyond est aussi un de mes coups de foudre, sans doute encore plus fort que Game of Love. Une musique sensuelle, posée qui me parcourt le corps et qui me donne de tels frissons..!

Motherboard est dans la continuité de Beyond mais dans une rythmique plus cadencée. J’ai comme cette impression de voir une idée, une émotion, se lancer et traverser les âges jusqu’à l’ère futuriste.

D’ailleurs on sent que ces 8 années les ont enrichi notamment avec la BO de Tron: Legacy puisque l’ont entend de nouveaux sons apparaître par rapport aux anciens albums, rappelant ceux du film Disney entre autre comme dans Motherboard ou encore dans Contact avec DJ Falcon.

Doin’ It Right est un très bon morceau, typique de ce que Daft Punk pourrait faire, cependant je pense que si Panda Bear avait pu éviter de chanter, le morceau n’en aurait été que meilleur. C’est peut-être celui qui rappelle le plus les anciens albums par sa répétitivité et cette batterie mécanique.

L’album se termine enfin avec Contact (feat. DJ Falcon), avec des enregistrements de la NASA en introduction puis le morceau s’envole avec ces percussions endiablées et ces sons électroniques se saturant de plus en plus, se transformant en un bruit de décollage de fusée façon crescendo jusqu’à l’implosion. Les rideaux se ferment, on reprend son souffle, les yeux pleins d’étoiles, et on relance l’album.

Conclusion

Random Access Memories est donc une vraie réussite à mes yeux, même s’il est vrai qu’il manque cruellement d’énergie si l’on comparait cet album aux précédents. Une sorte de Make Love, de Something About Us ou encore du Digital Love prolongé sur tout un album. Un véritable coup de cœur, où ils ont su rassembler tout ce que j’ai pu écouter ces dernières années : du funk, de l’acid jazz, et de l’électronique. Même s’il y a quelques moments en deça par rapport à ce que j’attendais, cela reste un incontournable. Guy-Man et Thomas restent fidèles à leurs principes tout en continuant à proposer un album très différent, comme à chaque fois.

Ce que je peux trouver dommage, c’est que l’on soit obligé d’attendre que Daft Punk sorte un album acid jazz électronique disco funk (oui ça fait beaucoup) pour que le monde (re)commence à s’intéresser ce type de musique. Mais mieux vaut tard que jamais non ? ;)

Ma note
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